LE PETIT DESPROGES ILLLUSTRE (PILOTE N°118 - MARS 1984)



Résumé des chapitres précédents : Après avoir abordé les lettres A, B,C, D, E, F, G et H, l'auteur, dans Pilote du mois de février dernier, s'en prenait aux lettres I et J. Jusqu'où ira-t-il ? 


K KAMIKAZE : n.m., mot japonais signifiant "tempête providentielle". Exemple : "Après dissipation des brumes matinales, les kamikazes viendront réchauffer l'atmosphère au large des côtes".

Par extension, le mot kamikaze a désigné, pendant la seconde guerre mondiale, les pilotes-suicide japonais qui venaient s'écraser sur les porte-avions américains, pour vérifier le principe d'Archimède dans la rade d'Hawaï.

En temps de paix, le kamikaze s'étiole. N'ayant nul porte-avions sur lequel s'abattre, il se sent inutile à la société. L'envie de se suicider l'étreint et, croyez-moi, pour quelqu'un dont la raison de vivre est de mourir, l'idée de mort est invivable. Je ne sais pas si je suis clair, mais ça m'est égal.

Quand l'envie de se suicider étreint le kamikaze, nous devons l'aider à affronter gaiement son autodestruction. Car il est du devoir du chrétien d'assister son frère nippon aux portes de l'audelà, sans compter qu'un militaire de moins, c'est toujours ça de pris.

Pour aider un kimakaze désespéré à en finir, il suffit de le mettre au bord d'une falaise et d'imiter le cri du porte-avions. Aussitôt, le malheureux se jettera dans le vide, les bras en croix, en imitant le cri du chasseurbombardier équipé d'un moteur de 960 CV, et en hurlant : "Banzaï ! ", ce qui signifie littéralement : "Hop ! "

La femelle du kamikaze s'appelle la kamikazette. Plus fluette que le mâle, il suffit de la pousser du haut d'un tabouret pour qu'elle plonge sur la moquette en imitant le cri de l'U.L.M. et en hurlant les mêmes conneries, mais un ton au-dessus.

Pour se reproduire, le kamikaze, après une danse d'amour assez fastidieuse et suintante de simagrées extrême-orientales, dispose la kamikazette au centre du lit nuptial. Puis il grimpe sur l'armoire Henrito II et se jette dans le vide en criant "Bito, bito", ce qui signifie littéralement "1 love you". Quand le lit casse, on dit que l'hiver sera rigoureux.


L LAZARISTE : n.m. Nom donné aux membres de la Société des prêtres de la mission fondée en 1625 par Saint-Vincent-de-Paul, et appelés ainsi parce qu'ils adoraient la gare Saint- Lazare. Alors qu'il n'y a pas de quoi, c'est plein de courants d'air et ça pue la merguez.

Le seul intérêt de la gare Saint-Lazare réside dans sa capacité à contenir des trains. L'un d'entre eux, baptisé "Train pour Lisieux", sous prétexte qu'il va à Lisieux, présente la particularité — comme son nom l'indique — d'aller à Lisieux, où l'on peut rencontrer les membres de la Mission fondée au siècle dernier par Sainte-Thérèse, et appelés ainsi parce qu'ils rient quand on les baise. On ne doit pas confondre les Lazaristes avec les Nordistes, qui adorent la gare du Nord, ni avec les Austerlistes, qui adorent l'aéroport du Bourget.

Comme les Francs-Maçons ou les Haré Krishna, les Lazaristes se réunissent en douce la nuit dans des caves où ils se déguisent en n'importe quoi avant de psalmodier de dérisoires incantations à Jean- Baptiste Locomotive, l'inventeur du chemin de fer, qui sera probablement canonisé avant que ça me reprenne.


(A suivre. Peut-être. Mais c'est pas sûr. Personnellement, ça m'étonnerait. Va savoir).